L’immuno-nutrition : lien entre alimentation-inflammation et immunité.


Notre alimentation et notre mode de vie ont une grande influence soit positive ou négative sur notre niveau d’inflammation et par conséquent sur notre système immunitaire. Le chef d’orchestre de ce système sont les cytokines : messagères communicant entre les cellules du système immunitaire, communicant avec le microbiote (flore intestinale) et avec tout l’organisme.

 

La nature de ces cytokines produites par le système immunitaire dépend de la qualité des bactéries présentes dans le microbiote intestinal et dépend aussi du bon fonctionnement de la barrière intestinale.

 

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Ce qui signifie concrètement qu’une mauvaise fonction de la barrière intestinale (l’Hyper Perméabilité Intestinale) et une flore malsaine (dysbiose)

contribuent à une réaction inflammatoire de bas grade qui perturbe le système immunitaire. Une alimentation favorisant la dysbiose active certaines cellules immunitaires augmentant l’inflammation chronique.

Il est désormais bien établi que cette inflammation à bas bruit/de bas grade, pernicieuse, issue du microbiote favorise les pathologies inflammatoires chroniques comme le diabète, l’obésité, la stéatose hépatique, les Maladies Auto-Immunes.

 

Par contre un microbiote sain participe à la différentiation des cellules du  système immunitaire. Ce microbiote est à l’origine d’une production importante dans le colon d’Acides Gras à Chaines Courtes (AGCC), bénéfiques sur le contrôle de l’inflammation et de l’immunité. Ces AGCC sont fabriqués par les bactéries du colon à partir des fibres fermentescibles de certains nutriments végétaux. Ces AGCC favorisent la différentiation des cellules immunitaires Lymphocytes T vers la voie des Lymphocytes T Régulateurs, donc vers une modulation de l’inflammation.

Un microbiote de qualité favorise aussi la sécrétion adaptée des  Immuno-Globulines A Sécrétoires (IgAs) 1ère ligne de défense immunitaire. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28722709

Regulation of inflammation by microbiota interactions with the host.

Comme l’explique Anthony Berhou, dans le cas du Covid 19, c’est le système immunitaire adaptatif qui est essentiellement impliqué. Ce système permettant  aux cellules de se spécialiser et d’amplifier la défense, dépend du contrôle subtil de l’inflammation  Cette coordination est rendue possible grâce à la sécrétion des messagères immunitaires : les cytokines .

Certaines sont pro-inflammatoires alors que d’autres sont anti-inflammatoires et permettent au contraire de calmer jeu pour éviter que le système ne s’emballe.

Or qui dit inflammation, dit stress oxydatif. Le principe même du mode d’action des cellules immunitaires repose sur la production de radicaux libres pour tuer.

les agents pathogènes comme les virus. Ces radicaux libres permettent aussi de stimuler la prolifération et la différentiation des Lymphocytes T.

Le contrôle de l’inflammation est donc vital : sans inflammation nous manquons de défense contre les virus mais avec un excès d’inflammation, nous avons un excès nocifs de cytokines. C’est tout le problème de l’infection au Covid 19, comme les autres pathologies virales.

(The Lancet 13.03.20) https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30628-0/fulltext

Le virus provoque une hyper activation du système immunitaire

(en particulier  des lymphocytes) à l’origine d’une production massive de cytokines pro-inflammatoires. Le système s’emballe, l’inflammation atteint les tissus. Des lésions pulmonaires aigües peuvent résulter de cet orage cytokinique, provoquant un afflux massif de leucocytes dans les poumons du fait de l’infection.

« Le cœur de l’enjeu lié à la lutte contre le Covid 19 est donc de contrôler la cascade inflammatoire liée à la surproduction de cytokines, davantage que le virus lui-même. »

 

2 points majeurs à souligner sur lesquels nous pouvons agir

- il est essentiel de disposer d’un système de contrôle anti-oxydant optimal pour lutter efficacement conte l’infection

- le mode de vie et une alimentation déséquilibrée créent une inflammation de bas grade, impliquée dans la plupart des maladies chroniques.

L’état biologique dans le quel nous sommes au moment de l’infection joue un rôle significatif dans la façon dont le système immunitaire va pouvoir y faire face. Les personnes les plus à risque sont d’ailleurs celles qui, au delà de l’âge, souffrent d’inflammation chronique comme le diabète, l’obésité, les maladies cardio vasculaires.

Certains bilans biologiques (Bio marqueurs Santé Nutrition) comme le Profil Protéique et le Typage Lymphocytaire s’avèrent très utiles pour évaluer notre état inflammatoire/immunitaire et orienter la stratégie thérapeutique.

Les chercheurs ont su démontrer (The Lancet 11.03.20) https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lanres/PIIS2213-2600(20)30116-8.pdf

que le covid 19 s’accroche davantage aux récepteurs pulmonaires chez les diabétiques et hypertendus et que le covid-19 pourrait interagir avec le microbiote intestinal.

Alors voyons comment ce microbiote joue un rôle essentiel dans la réponse immunitaire face au virus.

Il est important de comprendre que l’écosystème intestinal est au cœur de notre immunité. C’est la priorité nutritionnelle

70% de l’immunité est en contact avec l’écosystème intestinal. Anthony Berthou parle d’écosystème et non pas seulement de microbiote ou flore car

il y a une interaction entre les différents composants de cet écosystème.

- le microbiote  100 000 milliards de bactéries

(l’information génétique dans notre intestin est 150 fois plus importante que le génome humain)

- la barrière intestinale ou bordure en brosse composée de cellules entérocytes

en charge d’assimiler les nutriments ( glucides, lipides, protéines) et les micronutriments ( Vitamines,  minéraux...)  

Cette barrière  assure une perméabilité sélective et module aussi l’immunité

 

L’écosystème intestinal est donc un double acteur immunitaire.
- La barrière intestinale et le microbiote forment une 1ère ligne de défense contre les pathogènes/virus et déterminent en partie la façon dont le système immunitaire est capable de réagir face aux virus. Il est crucial que le système immunitaire instaure un dialogue harmonieux entre les cellules de la barrière intestinale et les bactéries du microbiote. Pour cela la barrière intestinale a une véritable armée de cellules immunitaires à sa disposition.

 

Quel est le lien microbiote et Covid-19?
L’ article dans Cell 03.03.20 montre les effets possibles du microbiote sur les risques de surinfection bactérienne à la suite d’une infection virale de type grippal. Les personnes souffrant d’infections respiratoires présentent généralement des troubles intestinaux. Un Acide Gras à Chaines Courtes (l’acétate) semble impacter positivement les cellules immunitaires pulmonaires. Dans le cas de la grippe, il a été démontré que la modulation du microbiote intestinal peut réduire la pneumonie.

L’alimentation peut agir sur notre capacité à mieux nous défendre contre les virus.

Mais notre alimentation occidentale apporte trop de sucres à chaines courtes (glucose/sucres raffinés) qui affaiblissent le système immunitaire.

La déficience de l’alimentation en fibres pré-biotiques, en antioxydants des fruits et légumes, en huiles oméga 3, contribue au développement des déficiences immunitaires actuelles.

Alors l’immuno-nutrition permet de vous orienter vers un choix alimentaire judicieux. Le but est de vous aider à évaluer vos besoins individuels et à vous conseiller sur le choix de bilans biologiques spécifiques (Bio marqueurs Santé Nutrition).

Cela permet de mettre en place une stratégie thérapeutique plus ciblée avec un plan nutritionnel adapté et une synergie de compléments alimentaires de haute qualité.  La Phytothérapie Clinique Individualisée s’intègre dans cette stratégie avec une synergie de plantes pour soutenir votre défense antivirale.

La crise du Covid-19 nous donne l’opportunité de remettre les priorités sur notre approche de la santé.  Quelles ressources naturelles avons nous à disposition pour mieux résister aux attaques virales ? Cela nous pousse à une réflexion plus globale qui va nous servir dans le futur. Prendre en main notre propre santé sans dépendre de la « pilule miracle « mais plutôt s’orienter vers une démarche individuelle responsable qui va retentir sur l’amélioration de la santé collective.